En attendant la vidéo, un compte-rendu de la table ronde sur l'identité numérique

Merci à Emmanuelle Susini pour ce texte au sujet de la table ronde sur l’identité numérique, qui se déroulait le 2 octobre à Euratechnologies. Au passage, un grand merci à Digiport pour nous avoir offert la possibilité de réaliser la table ronde àEuratechnologies 🙂

Vous pouvez mettre ce compte-rendu avec celui d’Émilie 😉

La vidéo devrait être disponible en ligne dans quelques jours !

Voici ce qu’écrit Emmanuelle après avoir précisé le nom des intervenants : Damien BANCAL, Eric DELCROIX, Alexandre VILLENEUVE, Lionel DAMM, Émilie OGEZ et Blandine POIDEVIN.

L’identité numérique, est-ce un sujet à la mode ?

Selon Eric DELCROIX, le sujet est cycliquement à la mode. C’est un effet de mode qui va s’estomper au fur et à mesure. On en a entendu moins parler sous ce terme d’identité numérique, mais plus sous le terme d’e-réputation.
On remarque aussi des transformations par rapport au recrutement également : e-recrutement.
Le terme d’identité numérique a été très galvaudé.

Selon Lionel DAMM, l’identité numérique peut être construite par soi-même. C’est quelque chose que l’on se construit. La réputation en ligne, on ne la maîtrise pas. C’est ce que pensent les autres internautes de nous.
Cela concerne souvent les marques : on peut s’en servir pour améliorer les choses.

Pour Alexandre VILLENEUVE, l’identité numérique est quelque chose que l’on a. Si on choisit de ne pas être sur le Net, on peut ne pas avoir d’identité numérique. L’e-réputation, est-ce qu’on la gère ou pas ? Elle est importante quand on veut partir d’une entreprise.
Comment communiquer sur ma marque et gérer les bons ou mauvais « feed-back » ?
Le terme de e-réputation va finir par mourir.
Les marques ont plutôt une communication descendante et ne sont pas habituées à avoir des retours, des critiques. Il faut trouver un juste milieu, mais cela n’est pas évident.

Lionel DAMM : La parole est facilement donnée aux internautes. Ça va dix fois plus vite qu’il y a dix ans. L’effet de mode est naturel.

Selon Eric DELCROIX, l’identité numérique est un phénomène très français. En effet, en France, publier des informations sur soi est un peu tabou. Il y a moins la culture du partage, via les sites sociaux, contrairement aux USA ou au Canada.

Pour Damien BANCAL, l’identité numérique que l’on peut fournir, on doit la protéger. Dès l’instant où l’on se connecte sur Internet, on laisse une trace. Pour lui, ce n’est pas nouveau. Sur Internet, il n’y a pas de sécurité informatique (criminalité).

L’e-réputation concerne beaucoup les marques, les entreprises, mais également les particuliers. Mais généralement, il n’existe pas de grave problème d’identité numérique. Ça reste assez rare. Par contre, en ce qui concerne le e-recrutement, cela peut poser des problèmes.
L’usurpation de l’identité numérique n’existe pas pour les particuliers ou très peu encore, cela concerne plus les entreprises.

Les problèmes d’identité numérique concernant les particuliers ne ressortent pas ; peut-être parce qu’on préfère ne pas en parler (ex : des photos compromettantes).

La réputation en ligne : ce n’est pas bon pour les entreprises de réaliser qu’il y a des failles dans leur système. Et attention, la justice n’est pas la bonne réaction dans tous les cas.

Eric DELCROIX explique que les images sur les sites de rencontres sont toujours visibles si on ne fait pas attention à les retirer.
Il pourrait y avoir de nombreux problèmes si un jour Google met en ligne la reconnaissance faciale.

Aujourd’hui, est-ce qu’on peut considérer qu’il y a une vraie prise de conscience ? Quels impacts ?

C’est un phénomène qui existe depuis longtemps, mais le particulier ne s’en soucie pas (ou peu) tant qu’il n’est pas directement touché. C’est différent pour les entreprises. Les méthodes d’usurpation sont très nombreuses. Même le simple fait de donner son email est risqué.
Les entreprises commencent à prendre conscience de ces risques, et s’y intéressent.

Ce qui est inquiétant, c’est l’identité numérique des enfants. En effet, aujourd’hui il existe le B2i pour former les enfants à l’informatique. Mais il y a un réel problème de formation à proprement parler (même pour les adultes). Il faut éduquer les gens à Internet.

Il est plus difficile pour les particuliers de se soucier de tout cela, tant qu’ils ne sont pas touchés.

En termes de droit : pour un délit pénal d’usurpation d’identité numérique, la loi est en attente d’adoption.

Les particuliers ne se soucient pas de leur identité numérique. Les grosses entreprises, par contre, font très attention à ce qui se dit sur elles. Les petites PME ne sont pas suffisamment sensibles à cela, sauf si elles ont une activité liée au Web (e-commerce par exemple).

Il y a clairement une différence générationnelle dans le partage et la diffusion de contenu.

La loi oblige les sites à mettre en place un système de délation. De cette manière, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite. Ensuite, une liste est envoyée au service de police du Web.

  • Phénomène de e-recrutement : les internautes ont des initiatives originales pour se faire remarquer. Les CV vidéos, c’est un bon moyen, mais dès l’instant où une idée est prise, on ne peut pas recommencer sur le même style : c’est du déjà-vu.
  • Business de l’identité numérique : il existe aujourd’hui un vrai business autour de l’identité numérique. Pour les marques, il est intéressant de mettre en place des cellules de veille pour savoir ce qui se dit sur elles sur la toile. C’est une stratégie marketing.

Du côté des particuliers, il s’agit plus d’un accompagnement : coaching, pour aider à la réalisation de CV et de lettres de motivation.
Quelques fois, il est bon d’avoir plusieurs CV, en fonction des postes visés. Si on a plusieurs CV, on a plusieurs IN.

Des informations diffusées à un instant T peuvent avoir un impact très différent quelques années plus tard.

Le travail de « réputation » sur le Web est un vrai travail de marketing, et pas vraiment un travail informatique.

On remarque un changement dans notre société : on est plus exhibitionniste, et il y a aujourd’hui plus de violence autour de la diffusion d’images volées (ex : jeunes de 15/16 ans).

Vous pouvez retrouver Emmanuelle et les étudiants du Master IDEMM dans le blog des rencontres Net 2009 de Lille 🙂

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